TORG (2)

- « WÖ SIND EURE HANDE »
Hurle la foule en délire .
Tom se mord violemment la lèvre en entendant la voix grave et excitante de Georg, putain, qu?est-ce que c?est dur à chaque fois de résister à l?envie de lui sauter dessus et de le prendre sauvagement ... Cette voix ... Ce murmure rauque qu?il connaît si bien ... « WO SIND EURE HANDE ... » Il ne voit pas Georg mais il l?imagine si bien, ses cheveux collés sur ses tempes, son regard furieux et ardent, ses lèvres légèrement entrouvertes ... Non, il ne faut pas que Tom pense à ça . Une fois de plus, il remercie sa fidèle Gibson car même le baggy n?aurait pas suffit . Cette chanson est si terriblement orgasmique .
Oh, et puis merde, Tom Kaulitz se dirige en courant vers le bassiste, il colle brusquement ses lèvres au micro de Georg, frôlant au passage celles du bassiste, leurs souffles se mêlent, Georg est chaud, brûlant, il se mort la lèvre inférieure et lance un regard qui veut tout dire à Tom ... Tout comme le souvenir de toutes ces nuits où leurs lèvres se cherchent, leurs langues se mêlent, leurs corps s?emboîtent, s?entrechoquent, lorsqu?ils ne forment plus qu?un et finalement s?endorment, épuisés, comblés, leurs corps en sueur enchevêtrés sur les draps ... Qu?est-ce qu?il aime cette chanson lui aussi ...
Georg, haletant, se frotte contre Tom ruisselant de sueur, un peu, mais pas trop ...
L?ambiance est électrique, la foule en délire, l?adrénaline explose dans les veines du bassiste, sentir la chaleur de Tom qui émane, là, si près, comme ... Comme lorsqu?il se met à quatre pattes et que le guitariste le prend doucement, leeentement ... Que Georg sent chaque centimètre du sexe brûlant de Tom s?enfoncer un peu plus en lui ... Sa tête en arrière, les yeux fermés, il essaye de faire abstraction de la présence du guitariste et de calmer son érection ... Mais ...
- WO SIND EURE HANDE, halètent-ils en c½ur .
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# Posté le mardi 22 avril 2008 14:47

V suite

Lorsqu'il se réveilla le lendemain, avant même d'ouvrir les yeux, il su qu'il n'aurait pas dû boire autant hier soir...enfin peut-être que ce qu'il avait fumé y était aussi pour quelque chose. Quoi qu'il en soit, une migraine monstrueuse s'était installée et il semblait qu'elle n'allait pas le quitter de sitôt.

Lorsque ses paupières daignèrent enfin se lever, il mit un moment à se rappeler où il était. Ce lit n'était pas le sien, cette chambre n'était pas la sienne. Il était seul dans les draps froids.
Il se leva et se dirigea vers une pièce d'où provenait du bruit. Vic y était en train de préparer ce qui semblait être du café, il était habillé.

"Hey, bonjour toi" lui lança le blond.

" 'jour "

" Jt'ai préparé du café, moi jdois y aller, t'auras qu'à claquer la porte en partant."

Et il quitta la pièce sans un mot de plus.

Alors c'est tout? pensa Bill.

L'ascenseur émotionnel, et ce ne serait pas la première fois, pensa-il amèrement.
Tout allait bien pendant un instant. Enfin, il lui semblait que ça allait bien. Vic l'avait laissé dormir chez lui. Hier soir, c'était plus vraiment de la baise, les sentiments s'en étaient mêlés, surtout les siens. Puis Vic se barrait sans un mot, ni même un geste. Et tout s'écroulait la seconde d'après.Une fois de plus.

Il ne cessa d'y penser pendant qu'il se rhabillait et rentrait chez lui. Pour une fois qu'il se posait vraiment des questions.
Il ne comprenait pas son attitude, ni celle de Vic.
Il lui faudrait peut être apprendre à réfléchir avant d'agir un jour. Ca l'aiderait pas mal à éviter les conneries du genre.Mais en ce moment, il n'était pas apte à réfléchir.Ca faisait trop mal.
Une moitié de lui-même lui criait "Laisse tomber!" tandis que l'autre montrait une pointe de tristesse.
Quoi qu'il en soit c'était le bordel intégral.

Fait qui se confirma lorsqu'il rentra chez lui, et que la première chose qu'il vit se fut une tornade de dreads blondes qui lui braillèrent dessus.

« PUTAIN MAIS T?ETAIS OU ?! TU REGARDES JAMAIS TON PORTABLE ?! »

Tom avait l?air hors de lui. Une colère née de l?inquiétude ? Espoir.

« TU SORS AVEC GEORG ! IL RENTRE PARCE QU?IL CROIT QUE T?ES RENTRE TOI AUSSI ! ET CE MATIN, IL M?APPELLE POUR ME DEMANDER SI T?ES BIEN RENTRE ! JVAIS DANS TA CHAMBRE ET ? QUE DALLE ! »

Bill serra les points, une sourde fureur montait en lui.

« Tom, d?une, tu ne me parles pas comme ça. De deux, je n?ai aucun compte à te rendre, je fais ce que je veux. Tu n?es pas toute ma vie toi non plus. Arrête de te croire plus important que tu ne l?es. Maintenant laisse moi tranquille. »

Il avait dit ça d?une voix calme, assurée. Tom resta sans voix, son frère ne s?était jamais rebellé, il est plutôt soumis, oui c?était bien le mot, soumis. Il pouvait faire ce qu?il voulait, lui dire ce qu?il voulait, Bill ne remettait jamais les autres en question seulement lui-même. Et Tom devait se l?avouer, ça l?arrangeait bien, c?était bien plus facile comme ça.


Bill monta quasiment en courant dans sa chambre. Il s?étala sur son lit et sans qu?il ne puisse rien contrôler, il se mit à sangloter.
Tout ça n?était qu?une vaste plaisanterie, un cauchemar ignoble et malsain. Il allait se réveiller et se retrouver allongé à côté de Tom, comme avant. Ce n'était pas possible qu'elle seule réussisse à les séparer. Lya n?existerait pas. Vic non plus. Quoi que? Non, il n?existerait pas. C?est bien beau l?auto persuasion, mais ça ne faisait que retarder l?échéance.
Il avait l?impression que tout le monde se foutait de lui. Tom l?oubliait, puis l?engueulait. Vic avait une attitude incompréhensible et lui même était en train de...non il ne tomberait pas amoureux de lui. Ce n?était ni le moment, ni la bonne personne.

Naïf, crois-tu que ça se contrôle ?

Bill se calma peu à peu, seul.
Il attrapa ses cigarettes dans sa veste, alla ouvrir la fenêtre, s?assis sur le rebord et en alluma une.
Ca pouvait paraître insignifiant, qu?il se soit mis à fumer. Mais pas tant que ça en fait?C?était la trace matérielle de son mal être, tout comme le fait que ses jeans étaient trop grands, que ses tee-shirts ne le moulaient plus, ses yeux ternes, qu?il ne riait plus.
Mais ça, personne ne le remarquait.



Ils ne s?étaient jamais autant disputé. Surtout aussi?gravement. Ils ne se parlaient plus depuis plusieurs semaines.
Mais ce n?était pas de sa faute !
Ce n?était pas de sa faute si Bill était jaloux de Lya !
Il ne comprenait pas du tout les réactions de son frère, pourquoi il était si froid, si renfermé, désagréable.Il avait tant changé.Elle l'avait tant changé.

A croire que Tom était devenu aveugle?parce que plus que désagréable, Bill était malheureux.

Celle qui se délectait de tout ça. C?était Lya.
Elle avait Tom pour elle toute seule. Evidemment, elle ne l?aimait pas. Elle le méprisait même un peu de lui être si dévoué et soumis désormais.
Mais celui qu?elle méprisait par-dessus tout, c?était Bill. Il la dégoûtait. Ce look totalement débile, cet air de chien battu. Il était faible. C?était trop facile de l?atteindre lui, même pas amusant.
Tom était en train de tomber amoureux d?elle. Elle le savait. Il la regardait avec?ces yeux débordant de sentiments écoeurants. Il était tendre. Même au lit. C?était plus de la baise?maintenant il la?respectait ! Elle le possédait entièrement.Abject.
Allez encore un peu.
Puis quand il serait bien accroché.
Bye Bye Chéri.
Dieu qu?elle aimait ça.
Ils n?étaient que des pions qu?elle manipulait à sa guise.
Pour jouer.
Un jeu.
Ce n?était pas plus compliqué que ça. Elle s?amusait. Pour le plaisir.Pour une fois qu?elle en avait deux, pour le prix d?un seul, elle n?allait pas se priver.

Elle ajusta sa robe, une robe blanche, courte et décolletée en lin. Il allait encore baver et elle se réjouit d'avance. Elle se sourit à elle-même dans le miroir, un sourire assuré, orgueuilleux.L'orgueil écoeurant d'une victoire malsaine et injuste.Une victoire qui peu à peu, brisait celui qui, seul, aimait éperduemment, une victoire qui peu à peu rendait faible celui qui s'était toujours cru le plus fort, une victoire qui peu à peu, les éloignait, brisait le lien.Pour toujours.Elle attrapa son sac et sortit dans la douce tiédeur de cette soirée d?août, pour aller rejoindre l?objet de son plaisir.
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# Posté le jeudi 03 janvier 2008 19:18

Modifié le samedi 12 janvier 2008 13:38

Aujourd'hui

"Aujourd'hui j'ai décidé d'arrêter de mentir,
Aujourd'hui j'ai décidé de tout révéler
Aujourd'hui je vais te dire la vérité
Aujourd'hui je serais honnête.
Sûrement plus que je ne l'ai été ces dernières années.

J'ai lu quelque part qu'il n'y avait rien de pire que de ne pas tenter quelque chose par crainte d'un résultat négatif, que c'était de l'autocensure sur sa propre vie.

Alors aujourd'hui, cette censure va cesser.
Il est temps de me libérer de ce poids.
Ce n'est pas une décision facile à prendre.
Je peux tout perdre, en te parlant de ça.
Mais je vais le faire.
Par respect pour toi mais aussi pour moi.
Arrêter de me mentir et de te mentir.


Des mots si simples, presque banals...mais tellement durs à dire quand on les pense aussi profondément.

Finalement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de te parler de ça sur un morceau de papier. Rejoint-moi là où tu sais quand tu auras lu cette lettre."


Tom reposa la feuille blanche sur son lit, là où il l'avait trouvée quelques minutes auparavant.

Puis il se rendit tout au fond du grand jardin. Bill était allongé dans un hamac, il regardait le soleil descendre doucement, le grand lumineux était déjà à moitié endormi.
Bill tourna la tête lorsqu'il entendit son frère approcher.

" Viens " dit-il simplement en lui faisant de la place.

Tom s'assit face à lui.

"Je n'ai pas compris Bill..."

Le brun inspira un grand coup.

"Tu sais, Tom, je ne suis pas quelqu'un de banal. Enfin, je crois... Je crois aussi que ce que je vais te dire je le sais depuis toujours ou presque mais que je n'ai pas encore trouvé le courage de t'en parler ou que je ne l'avais pas encore identifié en tant que tel."

Tom ne disait rien. Bill lui attrapa les mains et mêla ses doigts aux siens, simplement, naturellement.

"Mais je pense qu'aujourd'hui je dois te parler de tout ça. C'est vraiment pas facile. J'ai peur tu sais, peur de ta réaction. Avant tout, promet moi que tu seras toujours là...s'il te plait..."

Tom sembla choqué.

"Mais évidemment que je serais toujours là Bill! Quoi qu'il arrive..."

"Je t'aime Tom"

"Mais...moi aussi ! "

"Pas comme ça. Je t'aime...d'une autre manière, plus...amoureuse"

"Pardon?"

"Tu sais il y a ce truc entre nous..."

"Oui"

"Mais ça va encore plus loin. Je crois que...je suis amoureux de toi. En fait non, j'en suis sûr"


Tom ne répondit rien.

"Je sais que c'est pas normal, que c'est interdit...que c'est tout ce que tu veux, mais c'est un fait, c'est comme ça, je t'aime."

Il continua.

"Je ne veux pas te "coincer" en te disant ça, je ne veux pas que tu te sentes obligé à quoi que ce soit...mais je pensais vraiment qu'il fallait que je te le dise"


Pour toute réponse, Tom serra les doigts de Bill entre les siens, se pencha en avant, et à la lueur dorée du soleil couchant, il déposa ses lèvres sur celles de son ange.


Ca c'était la première fin. Maintenant la deuxième.

Tom avait les yeux équarquillés, il avait retiré ses mains et s'était levé.

"Mais, tu es mon frère ! Tu ne PEUX PAS être amoureux de moi! C'est pas POSSIBLE! Ca ne marche pas comme ça! C'est dégoûtant ! Ne m'approche plus, Bill. Ca ne se passe pas comme ça, jamais!"

Et il tourna les talons, pour rejoindre la maison presque en courant.

A ce moment précis, Bill sût que c'était terminé, ça n'irait jamais plus loin...il le savait, le sentait...

La question ne fût plus jamais abordée entre eux, mais leur relation était fêlée...brisée... Longtemps, Bill porta cette zone d'ombre, cette culpabilité en lui...Jusqu'à ce jour...

Un jour froid de décembre, Bill est seul, devant lui 20 comprimés blancs et ronds alignés sur la table noire, à côté de lui, une bouteille d'un quelconque alcool fort.
Un comprimé, une gorgée, un comprimé, une gorgée...jusqu'au vingtième.
Sa tête tournait, ses mains tremblaient.
Il se glissa avec difficulté dans son lit.
Il s'y sentait bien, comme dans du coton tout doux, tout blanc.
Il s'endormit ainsi...
Et lorsque Tom, entra dans sa chambre quelques heures plus tard et s'agenouilla près de lui pour le réveiller, il volait déjà parmi les anges...





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# Posté le mercredi 02 janvier 2008 12:36

Modifié le mercredi 02 janvier 2008 18:31

OS concours 2

Ce soir, je suis mort.
Je ne savais pas que ça allait arriver aujourd'hui, si j'avais pu choisir, j'aurai voulu que ça soit un autre jour. C'est triste de mourir le jour de Noël. Ce n'est pas sensé être un jour douloureux.

Vous trouvez que je prends les choses sereinement ?
C'est le cas.
Mais j'ai quand même un peu mal.
C'est horrible de les laisser derrière moi, de le laisser derrière moi, de savoir que je vais être seul maintenant, tout seul.
Mais, il semble que la mort apporte une certaine quiétude. Je n'ai plus vraiment peur maintenant. Du moins, ce n'est plus la même peur que celle qui me tenaillait le ventre depuis bientôt cinq ans. Parfois, elle était tellement forte, que j'aurai tout fait pour y mettre fin, mais quelque chose me retenait encore, ou plutôt quelqu'un. Mais maintenant, je me sens bien. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que j'étais préparé.

Je voudrais que maman arrête de pleurer, elle ne devrait pas être si triste. Je vais mieux maintenant. Mais Tom saura s'occuper d'elle. D'ailleurs lui ne pleure pas, mais je sais, je sens qu'il est triste. Je crois qu'il m'en veut un peu aussi.
Tout à l'heure, mon c½ur venait tout juste de s'arrêter, après que ses battements se soient doucement ralentis. Mon esprit devait déjà s'être échappé car j'avais une vision bizarre de la scène, j'étais comme "au-dessus". Tom avait mêlé ses doigts aux miens, si maigres...sa tête reposait près de la sienne, et je l'avais entendu murmurer :

"Petit frère, tu n'as pas le droit de partir si vite...tu ne peux pas me laisser...je t'aime"

C'était le seul "reproche" qu'il m'avait adressé en cinq ans. Et pourtant, il aurait du me maudire, m'en vouloir. Mais non, jamais. Il l'avait soutenu et aimé comme toujours.

_____


Tout avait commencé par une banale grippe. Puis c'était passé. Enfin, un petit peu. Il était constamment malade, migraines, vomissements, fièvre... Mais il était passé outre, se bourrant de médicaments, se persuadant que c'était du à la fatigue...il avait continué, avant tout pour le groupe...S'il avait su...S'il s'y était pris plus tôt...
Puis un jour, il n'avait plus pu chanté, sa voix se brisait dans sa gorge. Une nuit, il s'était réveillé en toussant, il avait l'impression qu'il n'allait jamais pouvoir reprendre sa respiration. Tom avait accouru, mais Bill avait refusé qu'il appelle le médecin. Il évitait beaucoup les médecins depuis ces derniers mois. Peut-être qu'au fond, il savait.
Sa toux ne le quittait pas, elle l'épuisait. C'est lorsque Tom remarqua que Bill crachait du sang qu'il l'emmena de force à l'hôpital.
Les analyses furent longues, fastidieuses, nombreuses. Puis le résultat tomba.
Il avait le SIDA, il n'était même plus séropositif, non, la maladie était déclarée et se traduisait par la violente pneumonie qu'il trainait.
Cette nuit là, Bill pleura, sans pouvoir s'arrêter un instant, il ne laissait personne l'approcher, il les avait tous suffisamment mis en danger en vivant à leur côté. Il était une bombe à retardement, il aurait pu tous les tuer, tous ! Il imagina les pires scénarios. Puis, il finit par s'endormir, épuisé.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain, sa première question fut...comment ? Il réfléchit longuement puis se rappela...
Noah...
Oui, Noah. Une banale rencontre en boite, un peu trop d'alcool, beaucoup d'excitation. Ils n'avaient pas de quoi se protéger mais étaient trop excités pour arrêter, alors ils avaient couchés ensemble. Et Noah l'avait tué. Quelques heures de plaisir, pour cinq ans de souffrance et une fin inéluctable. Où était le bénéfice ? Nulle part. Bill fût prit d'une colère violente contre lui même. C'est quasiment un dément que Tom retrouva dans l'austère chambre d'hôpital, en train de se griffer les bras, de taper dans les murs...
Il le prit dans ses bras, le calma. Lui répéta encore et encore qu'il l'aimait, qu'il serait toujours là pour lui quoi qu'il arrive.
En cinq ans, Bill ne se plainit pas une seule fois, après tout c'était de sa faute. Il n'évoqua jamais la culpabilité qui le rongeait. Il appris à se soigner, à protéger les autres.
Il savait que les années qui s'étalaient devant lui seraient limitées, alors il profita de chacun d'eux au maximum, les aima aussi fort qu'il le pouvait...

Puis le moment était venu, il était partit. Enfin, "partit", pas vraiment, il était encore près d'eux. Il aurait bien voulu leur dire qu'il allait bien, qu'il n'avait plus mal, qu'il se sentait serein. Il ne voulait pas qu'ils se fassent du soucis pour lui.

Soudainement, il entendit une petite voix dans sa tête, c'était celle de son frère.

" Au revoir petit frère. Tu vas me manquer. Tu peux t'en aller mon ange, tu es vraiment libre maintenant. Je t'aime"

Bill se sentit alors s'endormir doucement, bercé par les paroles de Tom. Un sommeil paisible et sans fin.
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# Posté le mardi 01 janvier 2008 12:03

Modifié le mardi 01 janvier 2008 13:03

OS one

"Alors voilà, nous y sommes" pensa-t-il lorsque son taxi tourna dans la rue si familière et s'arrêta devant le portail qu'il avait tant de fois franchit.
Il paya sa course, récupéra sa valise et se dirigea vers la porte d'entrée, traversant le jardin immaculé. Il avait encore bien neigé cette année.
Ca faisait longtemps qu'il n'était pas revenue ici. Plusieurs mois. Trop longtemps.
Il inspira un grand coup et frappa à la porte.
Il n'osait même pas entrer dans sa propre maison.

Il entendit des bruits étouffés provenant de l'intérieur. Une poignée que l'on tourne, une porte qui s'ouvre, un regard surpris puis sévère, lointain.

"Qu'est ce que tu fais ici?"
"Bonjour papa, c'est Noël, je suis venue voir ma famille."
"Tu n'as plus de famille."

Et l'homme claqua la porte.

Georg baissa la tête, sa vue se brouilla, une larme s'échappa, glissant sur sa joue, s'écrasant sur le col de son manteau de laine.
A quoi s'attendait-il ? Un accueil chaleureux? Après les paroles échangées quelques mois plus tôt, il aurait dû se douter qu'il n'était plus le bienvenu ici, chez ses propres parents.
Il emprunta le chemin inverse, franchit le portail métallique. Il grinçait toujours un peu.
Il tourna à gauche.

Il aurait dû être plus prudent. Il aurait dû se cacher davantage. S'il s'était méfié des journalistes, s'il s'était méfié d'Evan, s'il ne lui avait pas accordé si facilement, si débilement sa confiance...le secret serait resté bien au chaud entre eux quatre, personne d'autre que Bill, Tom, Gustav, lui et ses éventuels conquêtes n'aurait été au courant.
Mais avec des si, on refait le monde et il savait bien que ce n'était pas possible, parce que sinon, il aurait commencé dès maintenant à le reconstruire.

Un petit nuage de buée se formait devant sa bouche à chaque respiration. L'air était glacé. Des enfants jouaient à faire des glissades sur les trottoirs qui se soldaient souvent par une chute grandiose et des éclats de rire retentissants. Mais il ne faisait pas attention à tout ça.

Il s'arrêta devant une autre maison, appuya sur la sonnette et attendit. Une clé cliqueta dans la serrure, la poignée s'abaissa et la porte s'ouvrit.
Cette fois-ci, il fût accueilli par un grand sourire.

"Oh! Bonjour Georg!"
"Bonjour Elizabeth"
"Joyeux Noël!"
"Merci beaucoup, à vous aussi!"
"Mais entre! Ne reste pas dans le froid comme ça!"

Elle s'effaça pour l'inviter à pénétrer dans la maison ornée de multiples décorations rouges et vertes. Un sapin monstrueusement énorme trônait dans la salon, surchargé de guirlandes, boules et sujets en tout genre.

"Gustav est dans sa chambre, monte. Tu m'excuses mais je retourne à la cuisine"

Georg remarqua en effet qu'elle portait un tablier blanc et que ses mains étaient couvertes de farine.

Il la remercia silencieusement de ne pas avoir posé de questions sur sa présence ici, avec son bagage.
Il abandonna sa valise dans l'entrée et déboutonna son manteau au fur et à mesure qu'il gravissait les marches qui menaient aux premier étage.
Arrivé sur le palier, il se dirigea vers la porte de la chambre de Gustav. Il était venu plus d'une fois ici quand ils étaient plus jeunes.
La porte était entrouverte, Gustav était assis sur son lit parfaitement fait, dans sa chambre parfaitement rangée, son Mac posé sur les genoux. Il écoutait de la musique.
Il le regarda un instant, puis toqua légèrement.
Gustav leva la tête et sourit en voyant son ami. Il ôta son casque, posa l'ordinateur sur son lit et se leva pour accueillir Georg.

"Tu vas bien?"
"Oui"
"Tu mens mal"

Georg sourit et se laissa tomber sur le lit.

"J'y suis allé"
"Alors?"
"Alors, je crois bien que je n'ai plus de famille"

Gustav s'assit à côté de lui et pose sa main sur la sienne.

"Tu ne peux pas forcer les gens à être tolérants, Georg"
"Mais, ce sont mes parents..."
"Je sais..."
"Je ne fais pourtant rien de mal, je veux dire je ne suis pas un criminel, je ne me drogue pas!"
"Ils se rendront surement compte de leurs erreurs...mais en attendant, avance, vis"
"Tu n'imagines pas à quel point ça fait mal..."

Gustav se rapprocha de son ami et le serra dans ses bras en murmurant : " Ca va s'arranger, tout fini toujours pas s'arranger..."

Flash-Back

BAM!

Bill déboula dans la chambre de Georg tel une tornade. Georg sursauta et grogna lorsque la lumière s'alluma.

"Georg, réveille toi!"
"Hmmm, qu'est-ce que tu veux?"
"Regarde"

Et il lui lança un magazine sur les genoux.

Il se réveilla complètement lorsqu'il vit le titre, l'énorme titre.

"TOKIO HOTEL : LA REVELATION"

Et en arrière plan, une photo un peu flou certes, mais on distinguait clairement les deux protagonistes et ce qu'ils faisaient.

Il ouvrit le magazine et feuilleta les pages si vite qu'il en déchira quelques unes.

Ses épaules se voûtèrent lorsqu'il arrive à l'article qui lui était consacré.

"LE BASSISTE DE TOKIO HOTEL GAY!"

Il lu l'article en diagonale, interpellé par quelques bouts de phrase :

"...se promènent main dans la main..."
"...échangent quelques baisers volés..."
"...une révélation..."
"...des milliers de filles déçues..."
"...chronique d'une mort annoncée pour le groupe allemand..."

Le tout accompagné de photos très explicites.

Evan...Il apprit plus tard que c'était lui qui avait tout manigancé. L'appel du fric. Georg avait sentit une vague de colère et de violence monter en lui lorsqu'il avait su ça.

Et puis son portable avait sonné :

"Allô?"
"Bonjour Georg"
"Bonjour Papa"

Bill était toujours dans la chambre, assis au bout du lit, il avait l'air tellement désolé.

Et son père débuta, sans plus de politesse.

"J'espère qu'il ne s'agit que d'une pure invention des journalistes Georg."

Georg inspira, il était temps. De toute façon, maintenant, il était trop tard.

"Non"
"Comment oses-tu? Te rends-tu compte de ce que tu viens de provoquer? Comment crois-tu que les gens vont réagir? Tu as apporté la honte sur notre famille."
"Mais papa..."
"Il n'y a plus de papa qui tienne, tu n'es plus mon fils"
"Mais..."

Seule la tonalité du téléphone lui répondit. Son père avait raccroché.

Il regarda le téléphone, hébété. Il se leva, sans faire attention à Bill, se rendit à la salle de bain et fit couler la douche. Il y resta longtemps, très longtemps.

Lorsqu'il sortit, ses trois amis étaient dans la chambre. Gustav commença :

"Georg, quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, nous sommes là."

"On s'en fout de ce que disent les journalistes." enchaîna Tom.

"Mais le groupe..."

"Arrête" le coupa Bill. "Le groupe ne s'effondrera pas, pas pour ça. J'en suis sûr"

"Je suis désolé les gars..."

Et Georg s'effondra en sanglotant.


Bill avait raison, le groupe marchait mieux que jamais, mais rien ne s'était arrangé pour Georg. Il savait que ses parents n'étaient pas très tolérants, mais il n'imaginait pas une telle réaction.
Être rejeté par ses propres parents...parce qu'il était homosexuel...ça lui semblait impensable et maintenant c'était la réalité.
Sa vie s'était écroulée en 10 minutes ce matin là. Le poids qui lui pesait sur le c½ur l'empêchait de se reconstruire. Il portait une culpabilité énorme en lui, il avait tout détruit.
Il fallut toute la patience de Gustav pour qu'il envisage la situation sous un autre angle. Il n'avait pas à se sentir responsable d'être ainsi, il n'y avait pas de honte à être gay. Son attitude n'était pas répréhensible, celle de ses parents l'était beaucoup plus...

Fin du flash-back


"Je vais repartir, je voulais simplement te souhaiter un Joyeux Noël"
"Tu veux repartir où?"
"Je ne sais pas..."
"Tu crois vraiment que je vais te laisser repartir?"
"Je ne veux pas m'imposer"
"Georg...Ca fait combien de temps qu'on se connait? 10 ans? Tu fais partie de la famille. Tu as une famille..."

Ils se levèrent et se rendirent dans le salon. Gustav avait toujours été là, il sera toujours là.
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# Posté le lundi 31 décembre 2007 19:35

Modifié le mardi 01 janvier 2008 18:05